Le lendemain matin, dès 7 h 30, un premier appel. 25 autres vont suivre jusqu’à 10 h 30. Un pur scénario de fiction, inimaginable par les temps qui courent ? Certainement. Sauf pour les jeunes ingénieurs dont le profil est susceptible d’intéresser les grands employeurs sophipolitains.
Mais ce ne sont pas ces grandes structures qui les recherchent directement.
Ce sont les sociétés de services en ingénierie informatique (SSII), qui pullulent sur la technopole depuis quelques années. « Entre 40 et 50 ont pignon sur rue et sont d’ampleur nationale, et puis il y en a une centaine d’autres, de plus petite taille, qui comptent entre 1 et 10 salariés », indique Thierry Semionoff-Bru, délégué régional de la chambre professionnelle Syntec Informatique.
Ces sociétés ont deux types de compétences : la prise en charge de projets en interne, qui seront ensuite vendus à de grandes structures. Et puis l’assistance technique. « C’est la principale activité pour les SSII sur Sophia Antipolis, à 70 % contre 30 pour le reste, détaille Thierry Semionoff-Bru. L’idée est de fournir aux entreprises des consultants aux compétences particulières que la SSII aura embauchés en CDI au préalable ».
Amadeus, le plus gros client
Du coup, ce sont ces SSII qui recrutent. Et dans ce domaine, la concurrence fait rage. « Il faut dire qu’à Sophia et alentours, il y a de très importants clients demandeurs, explique une responsable de recrutement au sein d’une SSII. Amadeus notamment, qui a régulièrement des besoins très précis, avec des profils sortis de certaines écoles listées. Mais aussi Air-France, Thales, des mutuelles, la Sécurité sociale. Et nous sommes nombreux à vouloir profiter de ce formidable marché . »
Parmi les candidats recherchés : deux types de profils. Les expérimentés, particulièrement doués dans différents domaines, que les SSII vont « prêter » à différents clients. Et les juniors, tout droit sortis d’école. Ceux-ci seront mandatés dans l’entreprise en tant que consultants pour une mission, renouvelable. Avec, parfois, l’espoir, d’être finalement embauché.
Un scénario assez classique, notamment chez Amadeus. Ici, on explique avoir déjà employé cinq cents nouvelles personnes en 2010. Trois cents embauchées directement et les deux cents autres via les SSII. « Amadeus travaille en partenariat avec une vingtaine de SSII, aussi bien pour leur déléguer des missions complètes, que pour une assistance en ressource humaine à l’occasion d’un projet particulier. Nous connaissons une croissance extrêmement forte, ce système nous permet d’être en adéquation avec nos besoins grâce à une certaine fluidité et flexibilité. Les SSII ont également une véritable expertise en matière de sourcing pour cibler les bons profils . »
Sourcing et surenchères
Pour dénicher les perles rares, de nombreuses équipes de « chasseurs de têtes », sont déjà sur le pied-de-guerre tôt le matin, de plus en plus tôt d’ailleurs, pour guetter les derniers CV mis en ligne. « Nous faisons ce qu’on appelle du sourcing. Nous utilisons notamment les jobboards, ces sites en ligne où les gens déposent leur CV. Le but : trouver le premier, les personnes qui correspondent aux besoins des clients », explique la responsable de recrutement. C’est donc à qui contactera et convaincra le candidat le plus vite. Et le proposera en premier au client. En conséquence, la surenchère sur les salaires ou autres prestations compensatoires (formation, suivi) est permanente. Et un tout jeune diplômé pourrait se voir proposer entre 30 000 et 48 000 euros par an ! "
Source : NICE-MATIN - 2.11.2010